mardi, mai 30, 2006

Vivent les mariés

Voilà, cette fois-ci c'est fait... Ca fait bizarre quand même! Je l'ai connue toute petite, on a fait les 400 coups ensemble, on s'est aussi beaucoup disputé, on embêtait ensemble les parents, on essayait de rendre dingue Juliette (et on y parvenait assez bien)... bref on se marrait bien.

Et voilà que ce week-end, elle s'est mariée (religieusement; ça fait une année qu'elle l'est déjà au civil)... Elle est devenue Madame. Ma petite soeur s'est mariée avant moi... Elle sait ce qu'elle fait de sa vie : elle est coiffeuse et une bonne coiffeuse en plus : je peux lui confier mes cheveux sans craintes, je ne suis jamais déçu. Elle est suffisamment amoureuse pour savoir avec qui elle veut passer le reste de ses jours. Elle est même déjà enceinte. Elle a une vie bien remplie.

Moi dans tout ça je me sens pas grand chose. J'ai beau étudier à l'uni, je ne sais toujours pas ce que je compte faire comme métier. Non, plus le temps passe moins je le sais, mais plus je flippe... Au niveau sentimental, j'ai la désagréable sensation de ne pas être capable de créer quoi que ce soit avec qui que ce soit. Mes amours sont... hum... comment dire... chaotiques? épisodiques? ridicules? amères?

Et ma petite soeur s'est mariée ce week-end! Je suis très content pour elle. Mais tout cela me renvoie en pleine figure mes propres lacunes et c'est assez étrange de se retrouver dans une fête et d'être très heureux et légèrement triste.

Cependant... cependant... un mariage est toujours un occasion de faire des rencontres, non? Et il se pourrait bien que j'aie d'autres choses à vous raconter...

Edouard

Tableau de Breugel

lundi, mai 29, 2006

Vous reprendrez bien du lard

Un jour, il faudra qu'on m'explique pourquoi, quand je n'ai ni papier, ni stylo, ni ordinateur, bref de quoi écrire, des idées potentiellement intéressantes, drôles, spirituelles, cassis, géniales (rayez la mention inutile) me traversent l'esprit? Et pourquoi, quand je viens poster une note, mon esprit se la joue vide cosmique et intersidéral, voire trou noir sans fin?

Il y a quelque chose de pourri dans mon royaume...

Edouard

Tableau de Francis Bacon

jeudi, mai 25, 2006

Marelles

Accoudé à la margelle
Il observe
Au loin des enfants jouent
A
La
Marelle

De la terre au Paradis
Sautant par dessus l'Enfer
Ô les jeux des enfants chrétiens
C'est le Christ qu'ils suivent sur la croix
Cahin-
Caha
A
Cloche-
Pied
Par dessus les toits

Edouard

mercredi, mai 17, 2006

Le violoncelle


Petite fille au violoncelle
Petite fille déjà vieille
Ton violon scelle ton âme
Amour que tu fuis
Ô la violence est telle!

Ferme ton coeur
Ferme ton coeur
Battements des heures
Seuls
Demeurent
Petite fille au violoncelle
Ferme ton coeur
Ferme ton coeur
A la douleur et au
Bonheur

Edouard

Tableau de Balthus

lundi, mai 15, 2006

Mes bien chers frères, mes bien chères soeurs

Vous vous demandez peut-être la raison de cette chaussure sur ce blog. Elle paraît banale, moche, un peu sale, usée aussi; mais alors quelle est la raison de sa présence ici? Eh bien la raison est d'une simplicité, que dis-je, d'une limpidité, d'une étonnante logique même, c'est une chaussure que - Dieu soit béni dans son infinie miséricorde et sa mansuétude sans fin - Philippe Katerine a frôlée!

Alleluia, alleluia, gloria et hosanna! vous pouvez vous asseoir.

En ce fameux 11 mars béni de Dieu, j'ai pu assister au concert de Katerine lors du festival voix de fêtes et malheur à ceux qui n'y étaient pas! Ils passeront me voir au confessional tout à l'heure, moyennant une quelconque obole, cette pécadille leur sera peut-être pardonnée (d'ailleurs une séance de rattrapage leur sera accordée le 18 juillet au Paléo).
Toujours est-il que les personnes présentes auront pu apprécier le charisme de ce meneur d'ouailles, il aura vraiment mis le feu - d'une saine manière, que l'on se rassure - au petit casino de la rue de Carouge.
Et c'est au détour d'un concert d'un de ses disciples que le miracle s'est produit : il a fendu la foule d'un pas maladroit, s'est approché de ma soeur, lui a marché sur sa chaussure -cette relique- et lui a lancé un "excuse-moi" des plus touchant.

Sanctus, sanctus, youpla boum! Acceuillez la relique dans vos demeures. Grand bonheur sur vous, mes bien chers frères et mes biens chères soeurs, allez dans la paix de la musique!

Edouard

dimanche, mai 07, 2006

Légère absence, suite et fin

"L'abonné mobile désiré ne peut être atteint pour le moment, veuillez rappeler plus tard... Bitte rufen Sie später an, der Gewünschte Gesprächer..."

N'avez-vous jamais remarqué que plus vous avez un besoin urgent, presque vital, de quelque chose et plus le destin s'amuse à vous jouer des tours!
Je n'avais toujours aucune idée de ce qui s'était déroulé avant mon retour à la maison à... 23h15 (je le découvris, abasourdi, en ouvrant le carnet dans lequel je note mes glycémies; mon frère y avait inscrit cette petite note : 23h15, 16,4) et voilà que la seule personne qui pouvait me renseigner sans profiter de la situation, en rajoutant bon nombre de menteries éhontées, était non seulement injoignable, mais en plus absente pour trois jours. Camp de ski OJ oblige.

"L'abonné mobile désiré ne peut être atteint pour le moment, veuillez rappeler plus tard... Bitte rufen Sie später an, der Gewünschte Geschprächer..."

Madame du téléphone, j'ai souvent entendu votre voix sans que cela ne m'affecte le moins du monde, cependantj'aurais urgemment besoin de parler à ma petite soeur qui sait sûrement ce que j'ai fait de ma soirée de carnaval/enterrement de vie de garçon; il en va de ma santé mentale.

"L'abonné mobile désiré ne peut être atteint pour le moment, veuillez rappeler plus tard... Bitte rufen Sie später an, der Gewünschte Gesprächer..."

Salope!!! Que faut-il que je fasse, appeler le 111 tout ça parce qu'une voix robotique m'assène sans cesse de rappeler plus tard? Je prends le combiné, je compose le 1, le 1 et encore le 1. Silence. Première sonnerie. Deuxième sonnerie. On décroche :
"Bonjour, vous êtes bien aux renseignements, que puis-je faire pour vous?
- Bonjour, je n'ai aucun souvenir de ma soirée de carnaval, pourriez vous me dire ce que j'y ai fait?
- Sans aucun problème, j'aurai juste besoin de savoir votre prénom et où vous avez passez votre soirée de carnaval.
- Ah bon, c'est aussi simple que cela?!! Euh... je m'appelle Fully et j'ai fêté à Edouard... ou alors plutôt l'inverse.
- Un instant s'il vous plaît. Ah oui! j'ai trouvé. Houlà... (silence, puis rires) on peut dire que vous ne faites pas les choses à moitié vous. Bien, vous êtes prêt?
- Heu... sûrement pas, mais bon j'ai vraiment envie de savoir ce que j'ai fait.
- Bien, bien... (toussements, éclaircissements de gorge) Au moment où votre conscience a cédé sa place au ça, vous vous êtes mis à faire la bise à toutes les personnes que vous rencontriez. Votre soeur est venu vous intercepter juste après que vous ayez embrassé un homme sur la bouche et après que vous vous soyez effondré en plein rue dans un grand éclat de rire. Elle vous a ensuite traîné dans une petite ruelle afin de préserver votre image de marque. Cela n'a pas empêché une personne de vous traiter, je cite, de "pédé".
-Aïe, aïe, aïe... C'est encore pire que ce que j'imaginais. J'ai embrassé un homme! Beurk!!!!! Et il y a pire que cela?
- A vous de juger : Vous avez pris votre petite soeur Aurélie pour une certaine Laure Perraudin. Et quand Aurélie a pris la décision de vous faire ramener chez vous, vous vous êtes débattu et vous l'avez insultée car vous vouliez encore faire la fête! Puis votre frère Frédéric est arrivé et vous a aidé a traverser les rues du village sans qu'on remarque trop que vous étiez plus que saoul, mais c'était sans compter votre discretion et vos "je suis Jésus, je suis Jésus"...
-C'est pas vrai! Même bourré je reste un sacré provocateur... Et il y a pire que cela?
- A vous de juger! Pour votre défense, je dirai que l'alcool vous rend affectueux et vous aimez tout le monde. Hélas embrasser un appuie-tête tout en disant à quel point votre futur belle-soeur est géniale n'est pas non plus le meilleur moyen d'exprimer son affection.
Pour le reste je crois qu'on vous a déjà mis au courant. Je vous souhaite une très bonne journée et bon courage pour les prochaines années, on risque de vous charrier encore longtemps avec tout cela!
- Oui, euh... en effet. Merci du renseignement."

Je raccrochais le téléphone, j'avais enfin mes réponses. Je me sentais confus, hilare, hagard tout à la fois. Moi qui étais un gars très très sage, voilà que je venais de briser mon image avec un certain panache. Assurément, tout cela aurait une place de choix dans ma légende personnelle; néanmoins, je prenais la décision de ne jamais plus boire à ce point...

Edouard

Tableau, Combat de Carnaval contre Carême de Bruegel l'ancien