
Ces dernières semaines ont été une véritable course et expliquent mon absence; que d'occupations : le baptême de mon neveu Arthur, le mariage de ma petite soeur Aurélie, des sorties diverses, le mariage de mon frère Frédéric, la préparation de mes examens, les examens , les 40 ans de mariage de mes parents!
Que dire? les mariages se suivent et ne se ressemblent pas. Et voilà que deux membres de la famille, sur sept, ne sont pas mariés - dont moi. Désormais les "et toi quand comptes-tu te marier" vont se faire plus fréquents; et ils ont déjà commencé! Comme si on ne pouvait exister que dans le mariage. On accède à un statut social en se mariant, hors de cela on n'existe pas ou dans une existence amoindrie (selon ceux qui sont mariés, bien évidemment). Sincèrement je préfère mon statut d'homme incomplet, à l'obligation de me plier à la pression sociale... Comme tout cela peut être ridicule. Je n'embête pas les couples, alors qu'on me laisse tranquille avec mon célibat.
Et puis, pourquoi devrais-je me marier? Je suis encore aux études, je n'ai pas de revenus; pourquoi me mettrais-je dans le pétrin en cherchant compagne? Il y a des priorités dans la vie et épouser n'en est pas une pour le moment. Je préfère en plus apprendre à me connaître plutôt que d'infliger mon désordre intérieur à une autre qui pourrait être tout aussi désordonnée. Non, non, l'heure est aux petites expériences, aux amours sans grandes conséquences ou sans lendemain. Pour le reste, je verrai plus tard; qu'on me fiche la paix!
Il est fou de constater à quel point la pression sociale peut devenir énorme passé un certain âge. Il faut rentrer dans le rang, se laisser policer, obéir, être un mouton; hors cela on est potentiellement un menace pour la société. Elle a besoin de ces couples, ne serait-ce que dans le fait qu'un couple peut produire un enfant qui nourrira les rouages assoiffés de sang de dame société - bons petits soldats, va!
Et moi dans tout cela, comment me positionner? Toujours dans ce balancement inconfortable qui me place ni tout à fait d'un côté, ni tout à fait de l'autre. Prenons un exemple, je suis Valaisan d'origine et je fais mes études à Genève; eh bien voilà que je me sens tiraillé entre mon amour de la nature valaisanne, de cette proximité naturellet et de l'attrait de la vie en ville avec tous ses avantages, son anonymat... Autre tiraillement, entre ma vie de Suisse que j'aime et des origines françaises qui m'appellent. Enfin, et pour retomber sur mes pattes, un tiraillement entre ma vie de célibataire qui me permet une énorme liberté, mais un manque affectif; et une vie sentimentale potentiellement épanouissante, mais qui me priverait de cette liberté dont je jouis actuellement.
Voilà très schématiquement et très succintement des points qui m'interpellent en ce moment. Il n'est d'ailleurs pas impossible que j'en reparle prochainement.
Edouard
Tableau : Liberté de Delacroix