D'ailleurs, pas plus tard qu'hier soir, je me suis heurté à elle : elle avait l'apparence d'une dame de cinquante ou soixante ans qui allait promener son chien. Je sortais, content, de mon premier cours d'appui et je la croisais dans le couloir. Jusque là rien d'anormal. Mais voilà que je me rends compte que je ne me rappelle plus du code d'entrée de l'immeuble - sésame nécessaire pour pouvoir y entrer - et j'ai besoin de le savoir vu que je reviens donner un cours à la même personne le lendemain. A qui pourrais-je le demander? Oui, vous avez deviné, à la dame d'un âge respectable. Je m'approche d'elle et lui demande poliment :
Moi : Bonsoir, je m'excuse de vous déranger, mais j'aurai besoin d'un renseignement. Je dois revenir ici demain et je me suis aperçu que j'ai oublié le code de l'entrée.La vieille bique (n'hésitons pas!), agressive : Non, je ne donne pas le code!
Moi, patient : Euh... Je donne un cours d'appui à quelqu'un dans l'immeuble et j'ai vraiment besoin de le savoir et comme vous habitez l'immeuble...
Le vieille bique, sèchement, tout en avançant : Vous n'avez qu'à le lui demander! Moi, je ne donne pas le code!
Moi : Est-ce que j'ai l'air de quelqu'un de dangereux? (Non, mais franchement elle abuse cette vieille; je suis poli, je ne lui demande pas la lune, mais par contre j'ai la moutarde qui commence à me monter au nez : elle en a rien à foutre de ce que je lui raconte!)
La vieille peau : Ah ben ça j'en sais rien! Elle continue d'avancer, sourde à ce que je peux bien lui raconter. Vous n'avez qu'à le lui demander demain : il y a un interphone!
Moi : Oui, j'ai vu qu'il y avait un interphone. En plus elle me prend pour un débile, ouéééé, et profond visiblement. Le hic c'est qu'il ne fonctionne pas.
La vieille truie : Comment? Ha ben ça! on m'a appelé tout à l'heure, ça fonctionne très bien.
Moi : Oui, mais chez les gens chez qui je dois aller, cela ne fonctionne pas. Et en plus elle me traite de menteur; de mieux en mieux... Je tiens juste à préciser que l'interphone est un de ces appareils censé être super moderne, sur lequel il y a les noms de tous les résidents de l'immeubles, il se trouve que je l'avais essayé en venant et j'ai eu droit à un message d'erreur m'annonçant que cela ne fonctionnait pas chez ces personnes-là.
La vieille morue: Et bien ce n'est pas de ma faute si ces gens ne savent pas l'utiliser! Je ne donne pas le code! (Ca j'avais fini par le comprendre, je ne suis pas débile non plus; ce que je ne comprenais pas c'était les raisons qui la poussaient à refuser de me le donner. Comme si elle commettait un crime immense en divulgant à un étranger le moyen de pénétrer -oh mon Dieu - dans son immeuble.)
Moi, excédé : Bon, tant pis, je ne comprends vraiment pas votre attitude. Je trouve cela tellement débile. Vive la Suisse!
Elle, visiblement piquée au vif : D'abord je ne suis pas Suisse (ben voyons...). Et puis si vous êtes Français, vous n'avez qu'à retourner chez vous! (sic! et en plus elle arrive à se contredire en deux phrases; chapeau bas.)
Moi : Ah ben pas de bol pour vous je suis Suisse et Français. (Ouai, c'était totalement débile j'en ai conscience, mais j'étais tellement énervé par tant d'agressivité gratuite que je me suis mis à son niveau.)
A ce moment-là, je décidais de couper court à la conversation, non sans un "vraiment y'a des gens qui sont vraiment débiles!" et je continuais ma route.
D'un côté je comprenais qu'elle ne veuille pas donner le code à quelqu'un qu'elle ne connaissait pas; de l'autre elle m'avait vu dans l'immeuble (ce qui veut dire que j'ai bien dû l'avoir pour rentrer) et je lui ai expliqué pourquoi j'en avais besoin (d'ailleurs à un moment j'étais à deux doigts de lui montrer ma carte d'identité; un peu par provocation, mais aussi pour montrer patte blanche : une manière de dire, je vous montre qui je suis, vu que vous avez "peur" de moi).
Et voilà qu'arrivé à la toute fin de mon récit, j'en viens à me demander qui a été le plus imbécile des deux!
Coco Edouard

