mercredi, septembre 26, 2007

Sang Chaud


Je t'ai donné rendez-vous
A la frontière de mes nerfs
Sur une lame prête à trancher


Dis-moi que tu m'aimes
Amour

Adoré Dousuraz

Tableau : Judith et Holopherne, Klimt.

lundi, septembre 24, 2007

De retour

Après avoir vaincu l'hydre de la perte de ligne téléphonique, avoir dû téléphoner à un certain opérateur suisse par deux fois et avoir perdu environ 45 minutes ou plus de ma vie à attendre, après avoir effectué 3 jours de protection civile dans le beau village de Fully, après avoir momentanément travaillé dans une galerie d'art et après avoir recommencé l'uni, me voici qui vous donne quelques signes de vie. Non, je ne suis pas mort, j'étais juste occupé et n'avais plus accès à internet.
J'aimerai assez vous raconter toute ces péripéties en détail, mais là non, vraiment j'ai pas la motive. Si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à revenir dans le coin ces prochains jours.
Ca c'est du teasing!

Edouard

dimanche, septembre 09, 2007

Des souris et des hommes

Je viens tout juste d'achever la lecture formidable d'un livre de Steinbeck : Des souris et des hommes. Incroyable comme la simplicité, la pudeur et une histoire toute simple peuvent dégager une telle force. Je devrais apprendre de cette manière d'écrire, tout en dépouillement et dénuement, moi qui ai tendance à boursoufler mes récits.
Ah! sans psychologie, ni même en usant d'introspection, Steinbeck est parvenu à nous retranscrire la vie de ces gens d'une brillante manière. Tout passe par le silence, les répétitions gauches des personnages, leurs actions, ... Et cette fin terrible et qui m'a remué : George forcé de tuer Lennie qui a commis une "bêtise" en tuant par mégarde, ne contrôlant pas sa force, la femme de ce salaud de Curley. L'hésitation de George, le récit de cette vie meilleure qu'il racontait toujours à Lennie et qui n'arrivera jamais, la main qui se cramponne au pistolet puis hésite à nouveau, les voix des hommes de Curley venus abattre Lennie, finalement le tragique dénouement, qui n'est pas sans rappeler le passage où le vieux chien est abattu. Toute l'hésitation de George ne nous est montrée que d'un point de vue extérieur : pas de pensées, pas d'introspection et pourtant... le lecteur comprend le combat intérieur que se noue en George.

Il y a une certaine pudeur dans l'écriture de Steinbeck qui, à mon sens, rejoint celle de ses personnages. Ici, personne ne peut vraiment se livrer; cette vie, pour l'essentielle masculine, se vit dans la peur de l'autre. Autant ne pas trop en dire, autant ne pas trop s'étendre, au risque de voir cela se retourner contre soi. Le travail est pénible et le réconfort, le repos - le salut? - ne se trouvent que dans le jeu (cartes, fers à cheval, ...) et dans l'alcool et les putains. Une vie dure, rude et sans espoir pour l'essentiel des personnages. George et Lennie semblent, en un sens, échapper à cette terrible solitude puisqu'ils sont l'un avec l'autre, ils se soutiennent bien qu'on ne sache jamais vraiment le pourquoi de leur amitié. Toujours est-il qu'ils paraissent au-dessus de la fange, capables de rêver et de redonner espoir aux personnes en marge ou exclues telles que le vieux Candy et le nègre Crooks. La chute, le drame, la tragédie n'attendent pourtant pas loin, tissant une toile implacable qui n'attend que le moment le plus adéquat, le plus cruel pour s'abattre sur nos deux héros, à l'instant même où leurs rêves étaient sur le point de se concrétiser!
Quelque part, c'est toute la tragédie humaine qui se donne à lire dans ce court récit : les désirs meurtris, les rencontres avortées, les salauds qui vous attendent au détour, l'exclusion des plus fragiles, les garces en velours, la vie, la mort, la solitude, ... Et partout, partout la désolation : dans les paysages, dans les cœurs, dans les âmes; ne reste qu'un goût étouffant de sueur, de larmes et de poussière qui dévaste tous les rêves, toutes les vies.

Edouard

mercredi, septembre 05, 2007

Uni... cellulaire?


V'là que l'uni recommence tout bientôt, eh oui c't'année c'est plutôt tôt! En tout il reste quoi? une deux semaines, tout au plus. Serait p't-être temps de songer à faire son plan horaire? Hmmm, alors alors direction le site des Lettres. Un clic ici, un autre là. Et hop, c'est merveilleux c'te technologie. Sauf que... sauf que bien que la reprise de l'uni s'approche à grand pas, ces crétins ne sont pas foutus de mettre en ligne les horaires des cours et je prouve c'que j'avance : ici.
Ben après faut pas s'étonner qu'on nous prenne pour des glandus en Lettres. Merci à la faculté de nous faire passer pour des baltringues!

Monde de cons!

Chistophe Dorsay

samedi, septembre 01, 2007

Jour(s) de pluie

Le mois d'août touche à sa fin et pleure à grosses et fraîches larmes, annonçant déjà la fin de l'été...

Hier il faisait lourd, terriblement lourd. Un couvercle de nuages avait emprisonné l'air de la ville. Non seulement il faisait chaud, mais en plus il faisait moite. Une touffeur comme on en a rarement l'habitude ici nous enveloppait, nous embrassait et nous recouvrait d'un manteau de sueur. L'heure était à la torpeur, au repos, au farniente. La ville étouffait littéralement; il n'aurait pas fallu s'agiter de trop.

Ainsi pris dans ces vapeurs, le temps s'égrénait à mesure que le couvercle se refermait un peu plus sur nous. Nous étions pris au piège, suppliant le ciel de se fendre, de se déchirer et de consentir à enfin déverser sur nos existences étuvées un filet rafraîchissant et revigorant. Las, de son oeil de coton il observait la cité du bout du lac dont les corps étaient à la pluie et, visiblement, cela l'amusait.

Le soir se referma sur nous comme une trappe. Pas une seule goutte, si ce n'est de sueur, pas l'ombre de lueurs d'étoiles ou de lune laissant espérer un départ prochain des nuages. La nuit s'annonçait pire que le jour, engloutissant avec elle tout espoir. On entendait s'élever çà et là le ronflement régulier des ventilateurs qui ne faisaient que brasser un air humide et moite. Le temps avait-il décidé de se conformer à cette ambiance indolente, traînant tant et tant qu'il semblait ne plus avancer?

Un espoir arriva au milieu de la nuit. Une fine brise, à peine perceptible, courait dans quelques rues, mais l'espoir retomba aussi vite que le vent qui l'avait apporté. La ville n'était plus qu'un long râle qui gonflait, gonflait autant que le couvercle de nuages posé au-dessus d'elle.
Puis le ciel se fendit en un grand bruit, se zébra et s'illumina. Etait-il en train d'enfanter, soufflant, poussant, criant de toutes ses forces? Un spasme le secoua à nouveau. La terre trembla. La foudre venait de frapper, de son doigt accusateur, quelque ruelle mal éclairée. La sentence avait été prononcée. On eut juste le temps de compter un, deux, trois et le ciel enfanta : une pluie fine et fraîche se déversa sur la ville, sur nos vies; nous pouvions à nouveau respirer.

Edouard

Tableau : Monet, Londres