lundi, octobre 22, 2007

Juste comme ça

Je voulais vous écrire un vrai message, mais en ce moment c'est trop le bonheur dans ma vie. Et il suffit de peu, d'un rien, même un sms et voilà que votre coeur chavire. Me voici euphorique et tétanisé -ah délicieuse sensation - des papillons dans le ventre qui s'envolent allègrement. Un souvenir effleure la peau ou les lèvres. Fugace. Tenace. Et soudain...

Je voulais vraiment vous écrire, j'avais tout prévu, tout était là : dans ma tête. Mais non, là vraiment, pas moyen : je vais juste savourer cet instant de bonheur. Epicurien, moi? Hmmm sans doute.

Edouard

mercredi, octobre 17, 2007

Le Petit Prince

Dessine-moi un mouton:

L'aviateur est devenu un vrai connard; le p'tit prince a du souci a se faire...

Christophe Dorsay

lundi, octobre 08, 2007

Interlude (oui, j'adore vous faire languir...)

Une blessure, oui à cette instant il n'était plus que cette horrible blessure au genou, cette grimaçante blessure, cette douloureuse blessure; souvenir tout aussi douloureux que cette cicatrice en forme de sourire qui semblait se moquer de lui.
« Je ne suis qu'un monstre! », dit-il en avalant une gorgée de whisky et des larmes coulèrent le long de ses joues sales, laissant derrière elles des traits pâles, « oui, un monstre! »
La douleur qu'il ressentait à la fois dans son genou, à la fois en le regardant, n'était que superficielle; si l'on entrait plus profondément dans la chair, si l'on allait au-delà du regard, dans les recoins les plus cachés de son esprit, de son âme même, on apercevait une entaille sanguinolente que rien ne semblait pouvoir cicatriser. Voilà plus d'une dizaine d'année qu'elle saignait sans discontinuer et lui-même entretenait ce foyer de douleur à chaque fois qu'il contemplait sa blessure; du corps à l'âme il n'y a qu'un pas.

« Chtttt... gros bêta! Ne vois-tu pas que je suis là pour toi? », dit-elle en posant ses lèvres sur le sourire strié de son genou. La sensation – depuis combien de temps déjà que... - inédite mais exquise – depuis combien de temps déjà que personne... - de cette bouche posée à l'endroit même où s'étaient concentrés – depuis combien de temps déjà que personne ne m'avait – ses regrets, ses remords, ses inquiétudes, ses peurs, ses peines, ses larmes retenues, le fit frissonner – depuis combien de temps déjà que personne ne m'avait embrassé? Un instant il eut envie de retirer son genou, il avait honte de présenter ce morceau de laideur à des lèvres si belles, si douces, mais la jeune femme l'en empêcha en l'embrassant de plus belle. De grosses larmes coulaient maintenant de ses joues et allaient s'écraser sur la chevelure bouclée de la femme agenouillée devant lui. C'était comme si elle se prosternait devant l'aveu de faiblesse de cet homme, l'acceptait et, mieux encore, le chérissait.

Edouard

Photo tirée de l'excellente série Carnivàle

jeudi, octobre 04, 2007

Première fois

Bon ok, je vous fais attendre et ce n'est pas très cool, mais pitié patientez encore un peu, car l'histoire que je vais vous narrer aujourd'hui n'a rien à voir avec celles que je vous ai promises...Il s'agit de mon tout premier remplacement dans une classe de primaire. Des quatrième primaires si je veux êtres plus exact.
Bien, maintenant que j'ai votre attention, je peux commencer par le commencement. Chuuut! j'en entends encore au fond qui discutent. Rhoooo! mais taisez-vous à la fin.

Il était une fois (oui, toutes les histoires mettant en scène des enfants commencent par Il était une fois, et pis d'abord Fais ce que voudra était inscrit sur le fronton de l'abbaye de Thélème et ce soir, je me sens Thélémite, na!) un jeune homme assurément beau, charismatique, d'une intelligence hors du commun et qui venait tout juste de reprendre l'université. Ben oui, il avait beau avoir toutes les qualités sus-citées, il était toujours aux études et pour gagner un peu sa croûte, vu que ses poches étaient vides, il avait décidé de s'inscrire comme remplaçant à l'état de Genève. Maintenant que cela était fait, il attendait...
Il n'eut pas vraiment beaucoup de temps à attendre. En effet, à peine une semaine après la reprise des cours, voilà que son téléphone sonnait. "Tiens, je me demande qui m'appelle si tôt dans la journée - il convient ici de rappeler que les universitaires prennent de sales habitudes durant leurs années d'études : se lever à 9h passées, se coucher à pas d'heure, entre autres!", se dit-il.
"Bonjour, suis-je bien chez Monsieur D***?", dit une voix féminine
-Oui, c'est bien moi. Que me vaut cet appel?, répondis-je de la voix suave et caverneuse des matins difficiles.
-Etes vous libre jeudi...
-Hum, s'il vous plaît on se connait à peine, ne croyez vous pas que c'est un peu précipi...
-Ce serait pour un remplacement de 4e primaire à l'école de ***, la classe de Monsieur *** (vous ne pensiez tout de même pas que j'allais vous donner les vrais noms, non mais!); l'après-midi seulement (oui, elle a fait un point-virgule dans son speech. Ah émouvants ces points-virgules sonores).
-Attendez que je contrôle. Flottement de quelques secondes. Oui, c'est bon je peux m'en occuper.
-Très bien, votre mission, que vous venez d'accepter, sera de vous rendre pour 13h30 à l'école de *** et de vous occuper des élèves en l'absence de leur titulaire. Si l'un ou l'autre d'entre vous venait à être blessé ou victime de folie subite, nous nierons tout contact vous.

Un clic m'indiqua que la conversation était terminée. Je sellais déjà mon fidèle destrier, un magnifique cheval blanc à la crinière impeccable et au poil dru, me préparant ainsi pour le jeudi à venir.
Un rire retentit dans l'air frais du matin : ils verraient bien les saligauds! Il verront de quel bois je me chauffe!

A suivre

Edouard