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mercredi, août 15, 2007

Christophe

Je ne vais quand même pas me laisser ainsi insulter, non mais! J'ai quand même un minimum de dignité. Alors, je ne me suis peut-être pas encore présenté, mais ça ne saurait tarder. En attendant, prends-toi ça dans les dents, pituite!

Toi à la bouche ouverte comme une toilette,
Oh toi à l'allure et au faciès simiesque,
Quelle aura tu dégages avec ton gros squelette;
Qu'on a honte pour toi, blaireau carnavalesque!

Avec tes intonations tu es le poète
De l'Anglais. Quand tu le parles c'est comme quand tu pètes.
Avec ton Italien ça devient burlesque,
Quant à la courbe de tes reins, j'en tremble presque.

C'est pas ta faute, ta torsion testiculaire
T'as rendu presque eunuque. Il t'en faut du courage,
Afin d'ingurgiter autant de bols de glaires,

Que te crachent ardûment aussi bien profs qu'élèves.
Et ton parfum léger, pizza quatre fromages,
De cette manière ton triste portrait achève.

Beaudglaire
(aka Adoré Dousuraz)

J'espère avoir pu vous brosser un portrait suffisamment parlant du sieur.

samedi, août 04, 2007

1er août

Ce soir la ville a des allures de révolution, fête nationale oblige. Une guerre civile éclate à coup de fusées multicolores. Et bing et bang! Le silence explose à intervalles irréguliers. Les gens sourient, s'amusent, mais n'ont pas conscience que leur célébration est guerrière. Ou alors c'est ce qu'ils aiment : une guerre à peu de frais et tout en symboles. Tout explose, tout saute et demain, demain on retournera à nos boulots. On se défoule, puis on se calme jusqu'à l'année prochaine.

Dans les rues s'élève une odeur de soufre, des nuages malodorants nous accompagnent, nous autres adeptes de la marche à pieds, dans nos pérégrinations. Un bang, le ciel s'illumine et une rafale colorée nous tombe dessus. Un peu plus loin des jeunes ont allumé des allumettes bengales et se lancent dans une gestuelle martiale. Les fêtes nationales excitent de bien bas instincts. C'est une troupe à présent qui s'offre à la vue; ils se sont réunis autour d'un grand feu - brûlerait-on un dissident - et regardent, nuques cassées, vers le ciel. Oh la belle bleue! Ah comme c'est beau. Et Fizz et crac et bang! Leur cerveau, tout comme les fusées explosent.

C'est la fête nationale et les troupes sont galvanisées. On est les meilleurs, on est les plus beaux, c'est nous qu'on fête ce soir. Les autres sont nuls, les autres sont moches, les autres sont cons. On est fier d'être ce qu'on est. Bang! On ne pense qu'à nous ce soir! Ratatac! On mange, on trinque, on boit à notre santé. Boum!

A chaque fête nationale, c'est un peu d'altérité qu'on blesse.

Edouard

Tableau : Guernica, Pablo PICASSO

mercredi, juin 06, 2007

Presse?

Lu dernièrement dans un de nos charmants quotidiens gratuit qui, décidément, savent nous renseigner sur les faits importants de ce monde :

Kylie Minogue : J'ai les fesses d'une noire

Et le QI d'une huître?


lundi, mai 14, 2007

Qu'ajouter de plus?

Tableau de Yoshitaka AMANO

Nous n'avons pas en ce moment des points de vue élevés, parce que le monde est affolé par la politique. Ce qui devrait être fait, c'est de dépolitiser la culture et de culturaliser les hommes politiques. Mais en ce moment, tout le monde ne verra que par les yeux de la politique, et l'évasion c'est le sport.
Je crois que nous assistons à un énorme abrutissement, dont les intellectuels sont en grande partie coupables. Ils ne savent pas que la politique qui est, en principe, l'organisation des rapports humains possibles dans la cité, est devenue une énorme désorganisation. En effet, on ne peut pas organiser pour organiser; on organise pour que les gens puissent faire quelque chose; c'est-à-dire on organise pour qu'ils vivent une vie "culturelle". Qu'est-ce que c'est que cette vie culturelle? Eh bien, c'est de faire que les gens puissent penser chacun dans sa solitude en apportant au groupe le fruit de ses méditations, pour que l'individu s'épanouisse, pour qu'il pense. Or, nous sommes subjugués maintenant par la raison d'Etat qui permet tout : les génocides, les massacres, la mise au pas des intellectuels. C'est-à-dire la mort spirituelle.

Entretien de Eugène Ionesco avec Pierre-André Boutang et Philippe Sollers, publié dans Tel Quel, hiver 1978.

jeudi, mars 08, 2007

De la concision, bon sang!


Parfois j'en ai trop marre!!!


Edouard

mercredi, février 14, 2007

Saint Valentin DTC

Eh oui, une fois de plus je suis célibataire en cette merveilleuse journée qui tente de célébrer les amoureux. J'aimerai pouvoir dire que je m'en fous, que tout cela ne me touche pas, que de toute manière on est mieux seul que mal accompagné, mais... Mais en réalité ça me touche, car oui je fête une nouvelle fois, une fois de trop, seul la saint Valentin - en réalité je ne fête pas puisqu'il me manque la condition sine qua non!
Ce n'est pourtant pas une raison suffisante pour se laisser abattre, je suis célibataire certes, pourtant il me semble que ce n'est pas là une maladie honteuse. Alors j'ai décidé que ce soir tout était permis : un bon repas que je me suis préparé amoureusement, une bonne bouteille de vin au nom évocateur ( "les trois pucelles") et un bon film. Si tout cela n'a pas un parfum de bonheur, je ne sais pas ce que c'est!

Ah! et à tous les amoureux transis qui bavouillent déjà obscènement, à toutes les têtes de glands qui se baladent piteusement sous la pluie - c'est siii romaaaaantique - avec un bouquet de fleurs au-moins aussi ridicule qu'eux, à toutes les connasses qui gloussent déjà en pensant au merveilleux cadeaux qui les attend, à toutes les faces de harengs qui se tiennent main dans la main, à tous ceux qui comptent copuler ce soir, je ne leur dirai qu'une chose :


Pour toutes réclamations, veuillez déposer vos doléances dans les commentaires.

Edouard

samedi, décembre 09, 2006

Un vendredi soir

Je suis parfois vraiment un imbécile! C'en est désespérant. Comment fais-je pour me mettre dans des situations si... si ubuesques! Je me le demande parfois.

Ce soir je devais aller voir une pièce de théâtre avec un ami : la Folie d'Héraclès. Tout un programme, plutôt alléchant. Rendez-vous à 19h45 devant la Comédie. Pour une fois je suis pile à l'heure. A l'heure oui, mais pas au bon endroit. J'ai réussi à me tromper de théâtre. Pas de doute, sur le fronton du bâtiment il est bien écrit Grand Théâtre. Mince, où est donc la Comédie.
Je fais trois fois le tour du quartier - je suis sûr que le bon théâtre n'est pas loin. Victoria Hall, les Salons, le Grütli, etc; toujours pas de Comédie. L'heure tourne. Je suis en retard, pas trop encore. Soudain le flash! Comment ai-je pu être si idiot? Je savais pourtant où se trouve cette Comédie!

Ca ressurgit soudain, là, tout à coup. Sans raisons. Un quart d'heure que je guignole dans les rues et pouf, la mémoire me revient.
J'aimerais parfois comprendre le fonctionnement de mon cerveau, ça m'éviterait ce genre de mésaventures.

Hélas, une fois sur place, le spectacle a déjà commencé - bon, pour ma part, il a commencé dès 19h45... J'aurai presque pu prendre un billet de dernière minute, mais... mais... Voilà que mon cerveau me joue un autre tour. Môssieur joue les timorés: "non, non, ça ne se fait pas d'arriver en retard.", "j'ose pas, je risque de déranger tout le monde".
Me voilà bien avancé! Et soudain je sens que j'avance. Un pied devant l'autre, en avant l'escapade dans les rues humides - eh oui, comble de l'ironie, et pour que le tableau soit complet, il pleut! Long périple qui m'amènera à faire le tour de la plaine de Plainpalais de long en large et en travers, parce que Môsieur le commandent en chef décide de jouer du chapeau. Il me fait le coup de la névrose totale ce soir : "oh non, pas ce bistro, t'as pas le profil", "là il y a trop de monde", "j'aime pas ce café", "ici c'est hors de question". Hésitations qui dureront plus d'une heure! quel cirque franchement...

Enfin voilà, tout ça pour me conduire dans ce bistro, le café du Rond Point, dans lequel je sirote une bière tout en exorcisant cet événement, si absurde, par l'écriture.
Mais voilà que le téléphone sonne; tiens, la soirée ne fait que commencer...

Candilicious Boy

jeudi, novembre 30, 2006

Chronique de la mesquinerie ordinaire

Quel heure pouvait-il bien être? Sept heures? Huit heures? A dire vrai, il ne le savait plus vraiment lui-même. Un cours qui s'éternise... La fatigue qui vous surprend. Ah tiens, il fait déjà nuit! L'estomac qui rapelle qu'il ne faudrait tout de même pas l'oublier. Et les lumières de la villes, mêlées à sa fatigue - il est même un peu malade - , tendent à nimber les choses d'un voile d'irréalité; pour un peu il se croirait dans une toile impressioniste.

Il attend le tram qui le ramènera chez lui. Il a un peu froid, mais c'est supportable. Ah! le voilà qui arrive enfin. Lumière froide et agressive. La porte s'ouvre, il entre. Encore un peu perdu dans ses pensées, il balaie du regard l'intérieur de la chenille - le tram lui a toujours fait penser à une grosse chenille - afin de voir s'il trouve une place assise; peine perdue.

Mais... mais là... oui, là... Tiens, est-ce possible? Ah, peut-être bien, mais... Un visage ne lui est pas inconnu, il n'en est pas tout à fait sûr; il a toujours eu de la peine à mémoriser les visages. Des cheveux blonds, encadrant un visage assez strict. Oui, oui, ce doit bien être elle. Ah elle discute avec quelqu'un d'autre. Se pourrait-il que ce soit... Oui, oui, c'est bien elle : cheveux bruns, longs et bouclés. Pas de doute.
Il balaie à nouveau du regard les deux jeunes femmes. Il est à deux doigts de lever la main pour les saluer. Son corps est dirigé dans leur direction, sa jambe déjà esquisse un début de mouvement. Ses yeux rencontrent soudain ceux de la jeune femme blonde. Il lit sur son visage qu'elle cherche dans sa mémoire où elle a bien pu le voir. Un éclair traverse les yeux de la demoiselle; ça y est, elle l'a reconnu!

Elle l'a reconnu et soudain, très brusquement elle détourne la tête. Elle l'a reconnu et elle l'ignore. Elle fait mine que non, non, je ne vous ai pas reconnu... non, je ne vous connais pas. Elle regarde fixement droit devant elle, continue de discuter avec son amie comme si de rien n'était. Non, non, je ne le connais pas. Mieux vaut le chasser des limbes de ma mémoire.

Le tram démarre. Il a été coupé dans son élan. Sa jambe finalement pivote et le pousse contre la porte, dos aux deux demoiselles. Il pourrait être triste, mais en fait non. Il sourit à son reflet sur la vitre. Tout cela l'amuse : la situation plutôt cocasse, le regard crispé de la blonde au moment où elle l'a reconnu, la rapidité qu'elle a eu de détourner le regard, sa propre naïveté qui l'aurait pousser à saluer ces personnes.

Les portes s'ouvrent à nouveau. Il descend là. Tout cela tourne dans sa tête. Oui, bien sûr, c'est évident... haha, pourquoi n'y a-t-il pas songé plus tôt. Ca tourne encore un peu dans sa tête, puis soudain le déclic ultime : pourquoi ne par raconter cette histoire, cette chronique de la mesquinerie ordinaire?

Candilicious boy

dimanche, novembre 19, 2006

Paranoïa, la lettre

Cher monsieur le président de la Confédération helvétique,

Nous soussignés, par la présente missive, tenons à vous informer d'un mal profond et gravissime qui ronge la population de ce pays, voire de ce monde en détresse. Ce Fléau, car nous pouvons bien le nommer ainsi, touche ces machines à cautions que l'on nomme sentiments, lesquels provoquent de grave dysfonctionnement au sein de l'équilibre fragile de notre Etat. Ce Mal est par ailleurs plus pernicieux qu'il n'y paraît de prime abord vu qu'il touche toutes les franges de la société, sans exceptions, en revêtant un masque trompeur. Oui, ce Mal est un mal hypocrite qui, sous l'enrobage d'une illusoire euphorie, est capable des pires ravages, et ce, en un laps de temps très court.

Vous comprendrez dès lors le caractère urgent de la situation; chaque seconde compte!Peut-être est-il déjà trop tard? La malédiction s'est peut-être insinuée au sein de votre propre famille. Il faut agir, et au plus tôt, afin de sauver vos enfants, vos proches, notre nation, le monde!

Cependant, on ne peut trouver de remèdes sans remonter aux causes premières de ce Fléau. Après une enquête rigoureuse, il semblerait que tous les effets convergent vers une seule et même cause: Cupidon, cet être ignoble et d'un cynisme éhonté ou, en d'autres termes, l'Amour. Car oui, songez à tout le mal causé par ce sentiment infâme : combien d'heures de travail perdues par des amoureux songeant à l'être aimé? Combien de drames causés au nom de l'amour y a-t-il eu depuis l'origine de l'humanité? Combien de larmes versées en son nom? Tolérerez-vous qu'une inégalité sentimentale puisse encore exister dans nos sociétés dites modernes, séparant les personnes en couple des célibataires? Et à cela pourrait s'ajouter une liste sans fin de tous les méfaits imputables à l'amour.

Dès lors, des mesures immédiates doivent être prises, mais lesquelles? Il faut donner plus de crédits à la recherche afin qu'elle trouve une solution à ce Mal. A chaque maladie son remède, serait-il utopique de croire qu'un remède existe aussi pour ce problème de société? Non, cela ne relève pas de l'utopie, bien au contraire! Imaginez un monde dans lequel le spectacle, ô combien répugnant et peu hygiénique d'amoureux se pourléchant en public, aurait disparu; imaginez un monde ou toutes niaiseries pré ou post-copulatoire auraient enfin cessé : fini les arbres au tronc mutilés par la lame perfide inscrivant un hypothétique amour, exit les inesthétiques grafitis "X aime Y", oubliés à tout jamais les horribles poèmes d'adolescents en manque - quelle économie de papier! ; imaginez enfin le bien être de ne plus jamais se sentir accablé par l'amertume en cas de déception amoureuse! L'humanité enfin libérée de son pire ennemi : Cupidon cupide au ventre rebondi et aux flasques fesses dont les traits blessent quiconque en est touché.

En espérant que vous prendrez les mesures nécessaires pour éradiquer ce mal, ce Fléau, que dis-je, cette pandémie, veuillez accepter nos salutations les plus distinguées.

Le clan des cocos (aidé de certaines danseuses de l'école de danse Rita Barman ayant participé au spectacle Les sept couleurs du ciel, elles se reconnaîtront si elles passent par ici)

Paranoïa?

Ils sont parmi nous. Oui, vous avez bien lu : ils sont parmi nous. Vous aviez crû pouvoir leur échapper? Hahaha, quelle naïveté. Quoi que vous fassiez, où que vous alliez, ils y sont déjà. Et peut-être que ce mal vous guette aussi, car oui, leur mal est contagieux. Qui sait si vous n'êtes pas déjà atteint! Pupilles dilatées, incapacité à réfléchir, air hagard, chute vertigineuse de QI, comportement hautement incompréhensible, sont quelques uns des signaux avant coureur de ce terrible mal.
En y prétant toute mon attention, j'ai pu constater l'ampleur des dégâts. Partout, ils sont partout : dans la rue, dans le tram, dans les bars, à l'uni, au cinéma, parfois même chez soi; j'en soupçonne même d'être enterré dans cet état!
Mais alors que font les autorités compétentes? Seraient-elles, elles aussi, atteintes de cette épidémie? Quoi qu'il en soit, il faut réagir : je m'en vais de ce pas leur écrire une lettre!

Coco Edouard

A suivre...

lundi, janvier 16, 2006

L'informatique c'est chic

"L'hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertus", Don Juan de Molière.

C'est un sujet de dissertation que j'ai eu il y a de cela quelques années et qui, va savoir pourquoi, me revient aujourd'hui et me trotte dans la tête, démangeaison que je vais soulager avec grand plaisir.
Je n'avais sûrement pas compris les implications profondes de cette citation (mais les ai-je bien comprises aujourd'hui?), que voulez-vous j'avais 17 ans et il est bien connu que "on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans". Votre corps qui change et qu'il faut apprivoiser, les problèmes de peaux qui vous défigurent, les filles à décoder (parcequ'on est utopiste à cet âge...), le mode d'emploi de la société qu'il faut petit à petit parvenir à comprendre, sans oublier réussir à passer son année et apprendre tout un tas de nouvelles matières; comment voulez-vous, après tout cela, que les jeunes soient intéressés par un tel sujet? Il y a déjà tant à faire pour survivre et voilà qu'un prof -sadique sur les bords cela va de soi,- impose une réflexion. "Décentrez-vous bandes de larves égocentriques", semble-t-il dire. "Réveillez-moi ces consciences en veilleuse!" Et cela ne suffit pas à sortir les Blanche-Neige et autres Belles/Beaux au bois dormants de leur adolescente torpeur.

Pourtant... Pourtant après bien six ans (déjà?!!!!!), je me retrouve nez à nez avec cette citation et elle me parle bien plus qu'à l'époque. Il suffit d'ouvrir les yeux de regarder le monde autour de soi pour s'en apercevoir. La société n'a rien de bien neuf à l'aune de cette terrible citation. Ainsi les "vices à la mode passent pour vertus"? Si au XVIIem siècle l'hypocrisie était ce vice, en est-il de même pour ce début de XXIem siècle? Hélas, je crains qu'il faille répondre par la négative à cette question. Non, l'hypocrisie est un vice bien trop fin pour notre époque ô combien médiocre (Monsieur Mimosa ne me contredira sûrement pas). L'hypocrisie est le vice des esprits bien formés, des libertins, des personnes capables d'user et abuser d'ironies et autres techniques de flatteries. Certes il n'y a là rien de bien noble à agir de la sorte, mais il faut convenir qu'un début d'intelligence est nécessaire à tout hypocrite qui se respecte. En ce sens Don Juan en est le plus digne représentant : noble de naissance, cultivé, libertin corps et âme, il use d'hypocrisie afin de ridiculiser ses adversaires qui, la plupart du temps, n'y voient que du feu. Il y a aussi une forme de lâcheté dans cette attitude; flatter pour obtenir, flatter plutôt que d'affronter ou de confronter.

Pour ce qui est de notre époque, il semblerait que le vice à la mode soit la médiocrité. Il n'y a là rien de bien neuf puisque depuis la fin du XIXem siècle c'est bien ce vice qui gouverne le monde. Flaubert l'avait bien senti, lui qui écrivit la plupart de ses romans avec pour toile de fond la bêtise humaine. Mais la tendance s'est semble-t-il accrue. Le bond en avant de la technologie, qui est une bonne chose en soi, est en grande partie responsable de ce phénomène. En effet grâce à la technologie et le confort qui en découle, l'esprit humain a fini par s'endormir. Nous sommes tous dans une torpeur plus ou moins prononcée et nous nous laissons vivre. Comment dès lors laisser une place aux idées qui sont susceptibles de nous sortir de ce train-train quotidien, de dynamiter nos vies tranquilles. Il est tellement plus facile de s'avachir devant un écran de télévision, de se nettoyer le cerveau grâce à la petite lucarne. A la télévision point d'idées et si il vient à en avoir, ce qui arrive parfois (par accident), il ne faudrait surtout pas en faire profiter la masse. Toutes les émissions ayant un contenu intéressant finissent dans des cases horaires indécentes, heures durant lesquelles le commun des mortels dort afin d'être un tant soit peu productif le lendemain sur son lieu de travail. Non, assurément ce n'est pas le but de la télévision que de faire réfléchir. La télévision est un commerce, son but c'est de faire de l'argent. Point. Et comment faire de l'argent? En donnant à la population ce qu'elle cherche: du divertissement. Panem et circenses! Retour aux jeux du cirque, en ce sens la téléréalité est vraiment son pendant moderne. Il ne manque plus que des exécutions en direct avec la possibilité pour les téléspectateurs de voter pour le sacrifice ou non du ou des candidat(s).

...Et là je dis merci à la fée Informatique pour ses délicieuses facéties! J'avais mené la réflexion jusqu'à un point qui m'avait surpris moi-même. Etait-ce bien moi qui avait pondu cela, moi qui était d'une nullité affligeante en dissertation? Eh bien fée Informatique a décidé de m'apprendre l'humilité! Une petite manipulation de travers et hop plus rien... J'ai bien réussi à retrouver le début de cet envoi, mais pour le reste...
Et là confortablement installé derrière votre ordinateur, je sens le rire coupable qui se dessine sur votre visage... Ho ho ho! cela vous fait bien rire, mais garre fée Informatique -comme dame Fortune- est aveugle et frappe tout le monde; juge impartiale et impassible. Vous pourriez être sa prochaine victime... Et là -GNIARK GNIARK- c'est sur mon visage coupable que se dessinera le sourire.

Edouard