samedi, février 14, 2009

Merci Monsieur Hegarty


Jamais je n'arriverai à dire à quel point j'ai en haute estime le travail d'Antony et de ses Johnsons.

Il y a longtemps que ce blog n'avait pas eu le droit à une notule musicale, et voilà que la sortie de The crying light justifie à elle seule une telle entreprise.

La dernière fois qu'Antony avait sorti un album, il avait convié la crème de la crème de la musique anglo-saxonne actuelle : Lou Reed, Rufus Wainwright, Devandra Banhart et même Boy George. Excusez du peu. Autant dire que tout le monde attendait de pied ferme ce nouvel opus, vu la qualité de I am a bird now. Personnellement, certaines des anciennes chansons me hantent les jours de spleen et de joyeuse mélancolie (Ah Spiralling!!!). Car la force d'Antony, c'est de nous emmener avec lui dans des champs de tristesse sans jamais nous enfoncer, nous déprimer. Oui, les thématiques abordées ne sont pas d'une grande joie, mais qu'il est rassurant des les parcourir avec un tel ami. Un sentiment de proximité s'opère instantanément par l'intermédiaire de cette voix ô combien chaleureuse et qui semble tutoyer les cieux.

- Mais tout ça, nous le savons déjà! Nous, on voudrait savoir ce qu'il en est de ce Crying light.

Eh bien, disons que le style d'Antony and the Johnsons est bel et bien là. Reconnaissable entre mille. Seulement les choses ont également sensiblement changé. On se retrouve dans un univers d'une densité et d'une profondeur vertigineuse. Les arrangements frôlent la perfection, la voix est mise en avant d'une belle manière (comment pourrait-il en être autrement?). Il y a une forme d'épuration qui s'opère tout au long de l'album, mais loin d'amoindrir le travail de l'artiste, elle contribue à sa richesse. On est littéralement happé dès les premières notes de Her eyes are underneath the ground dans un univers chaleureux et triste en même temps. Des Limbes. Un séjour des justes qui n'ont pas encore la possibilité d'accéder au paradis. Car, il faut le dire, il y a quelque chose d'éminemment spirituel qui se dégage de la voix d'Antony, de presque religieux également. On comprend dès lors mieux les rapprochements effectués avec le Butô, cette danse japonaise d'entre deux, suspendue entre les gouffres infernaux et la rédemption, entre les ténèbres et la lumière. Et nous retrouvons tension et équilibre tout au long de l'album : aux atmosphère délétères et mélancoliques succèdent parfois des sursauts de joie (Epilepsy is dancing), et des guitares acérées et tranchantes apparaissent même au détour d'une chanson (Aeon). L'oeuvre s'en trouve grandement renforcée : on est loin d'une atmosphère oppressante, l'auditeur peut respirer, tout comme la musique et prendre son envol. Alors oui, on est bien loin du "tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes" et un air de mélancolie plane sur ces dix chansons, mais jamais mélancolie n'a été aussi réconfortante que dans la bouche d'Antony. On aime se sentir moins seul, caressé par cette voix déchirante et qui nourrit le coeur et l'âme.

En un mot comme en cents : merci Antony pour cette leçon d'humanité.

Edouard

mardi, février 10, 2009

Are you vegetarian

Toc toc!
Bonjour, c'est moi, je suis revenu après tout ce temps. Sur la pointe des pieds et je marche sur des oeufs.
Y'a quelqu'un? Hmmm, je comprendrais que tout le monde ait fui la vacuité de ces lieux.
Bon, je passais juste histoire de faire un peu le ménage, pour dire qu'il y aura peut-être un peu plus d'animation; ou pas. Inconstance et procrastination quand tu nous tiens...

Bon, maintenant, place à la danse et surtout, question ô combien brûlante : "are you vegetarian?"

dimanche, mars 02, 2008

Des errances de ma pensée

Nous ne sommes que des enfants! Oui, des enfants. C'est ce que j'ai cru comprendre après avoir vu "J'aimerai attirer votre attention sur la brièveté de la vie", un spectacle de danse. Nous avons beau nous agiter pour tromper notre ennui ou nos peurs, rien à faire, nous peinons à masquer l'enfant au fond de nous.
Bien sûr nous avons grandi, appris, évolué, mais il est toujours là, caché derrière nos façades, nos manières, nos mensonges. C'est lui que nous entendons rire quand nous sommes heureux; c'est lui qui pleure quand nous sommes tristes. Nos émotions les plus fortes et les plus vraies surgissent de ce moi ancien en apparence et pourtant toujours présent.

Je pensais à tout cela après ce spectacle de danse qui utilisait des éléments du music hall ou du cabaret pour les détourner, en faire quelque chose de plus métaphysique : derrière le maquillage outrancier des larmes qui craquellent le fard; derrière les sourires l'angoisse face au vide; derrière les gestes et les mouvements la souffrance d'un travail implacable - inside my heart is breaking, my make-up may be flaking, but my smile still stays on. Le spectacle multiplie les numéros; les corps se libèrent sous les lumières et grâce à la musique; une vraie joie de vivre rejaillit par delà l'angoisse. Les lumières finalement s'éteignent. On recommence comme au début. Vraiment? Non, car les corps adultes, aux gestes maîtrisés, travaillés, font place à des silhouettes enfantines. Maladresse touchante. Sincérité éclatante. Hésitations. L'enfant apparaît comme une évidence : but ultime de l'existence. Peut-être bien. Le royaume des cieux leur appartient, parait-il...

Edouard

dimanche, février 24, 2008

TecktoNik (TM)

Retour dans mon petit mais coquet studio, dans le calme et une volupté bien douce, loin de la fureur et du bruit. Une atmosphère vaporeuse envahit mes lieux, ambiance cinématographique qui se déploie de mes enceintes - Are you human, or a dud? Et Dieu sait si j'avais besoin de me ressourcer...

Genève n'est plus que l'ombre d'elle même, un étrange vent de liberté souffle dans la ville et, croyez-moi, pas toujours pour le meilleur. Car aujourd'hui, voyez-vous, en ce jour saint et béni, jour de repos, de carême qui plus est, une étrange sarabande - carnaval chez Calvin, ou presque, on croit rêver - a pris possession des lieux; devant le mur des Réformateurs! Décidément on ne respecte plus rien. Musique infernale crachée par des haut-parleurs qui semblent avoir des hauts-le-cœur. Et là, là, soudain, sans que je ne m'en rende tout de suite compte, j'ai été happé dans une faille spatio-temporelle. Oui, oui, réellement, ça paraît inconcevable et pourtant. Les années 80 venaient de m'exploser à la figure. Ici, un pantalon carotte noir et très slim. Là des bandes fluo d'un (dé)goût... douteux! Un peu plus loin une colonie d'hommes coiffés d'une très seyante coupe mullet ou coupe Mac Gyver. Parcourir cette foule du regard revenait à aller de Charybde en Scylla. Remarquez, toutes ces personnes ne semblaient pas vraiment dans leur assiettes car, régulièrement, elles étaient prises de tremblements et autres palpitations proche de convulsions ou crises d'épilepsie. Bras balancés en un mouvement raide au dessus de la tête, les mains encadrent le visage, les jambes flageolent; et tout ceci dans un mépris absolument total du rythme, car, paraît-il, ils dansaient. Ah bon?!! Un futur d'une noirceur incroyable, caché sous un déluge de couleurs mal assorties et criardes, m'apparut alors. Le No future cher aux eighties à côté ressemblait à une joyeuse comptine. Pour un peu j'eus l'impression qu'on venait de briser un sceau infernal et que les cavaliers de l'Apocalypse n'allaient pas tarder à débarquer! Tant de mauvais goût affiché, assumé, ne pouvait être toléré sans quelques divines ou naturelles représailles.

Oh, vous me direz que je ne suis qu'un barbant barbon, une antiquité ou, pire, un réactionnaire; mais franchement qu'espérer d'un mouvement si ouvertement vide de tout. Un malaise transpire de ces jeunes qui cherchent un sens, un but, un groupe pour exister. Le tout sous le bienveillant regard d'une société de consommation prête à les phagocyter - il n'y a pas de petits profits : T-shirt officiel Tecktonik, musique itou, sans oublier tous les habits et accessoires essentiels pour pouvoir prétendre appartenir à ce mouvement. Faut avoir le look, coco. Dieu merci, les phénomènes de mode m'ont toujours profondément barbé et je me réjouis de voir leurs mines déconfites dans quelques années quand ils retomberont sur une photo d'alors. Car que retenir de leur improbable carnaval? Je me permets ici de citer, en perfide persifleur que je suis, le titre d'une chanson de Calvin Harris : It was acceptable in the 80's.

Et là, je crois que tout est dit.

Edouard

dimanche, février 10, 2008

Première fois 3 (suite et fin... enfin!!!)

Il était une troisième fois en cet interminable jeudi après-midi, notre improbable justicier masqué descendu de son fidèle destrier, face à une horde d'élèves cruels et sanguinaires; pour ceuces du fond qui ne suivent toujours pas, bah qu'ils se rendorment. Na!

Les enfants sortirent avec forces et fracas leur matériel de dessin : qui des crayons de couleurs, qui des feutres, qui - tiens c'est la première fois que je vois cela - de l'encre spéciale afin de terminer la coloration de leurs sous-mains - car oui ma bonne dame, ici à Genève on le fabrique soi-même, y'a pas de raisons... Multiples allers-retours des poucets de leur place au lavabo et du lavabo à leur place; et je dis poucets comme j'aurai pu dire Larousse : ça sème à tous vents! ça promet.
Un instant de répit, je vais pouvoir revenir à ce fameux problème incompréhensible de mathématiques. Une main se lève

- Je peux aller aux toilettes?

Argh! la question qui tchue! Mmmh, ça fait à peine dix minutes qu'on est en classe, il aurait quand même pu y penser avant. D'un autre côté, j'ai pas vraiment envie qu'il fasse pipi dans ses culottes; on n'a pas le même contrôle de sa vessie à son âge et au mien.

- Oui, c'est bon tu peux y aller.

Et là, c'est comme si vous veniez d'ouvrir la boîte de Pandore. Subitement, une épidémie de pipi-ite aiguë se répand dans la classe. Tous incontinents à dix ans. Forcément vous n'êtes pas complètement dupe - on a été jeune autrefois (voix chevrotante), vous avez conscience que la moitié d'entre eux n'a pas du tout envie d'uriner; seulement voilà, et d'une, un élève a eu l'autorisation de s'éclipser en des lieux plus secrets; et de deux, s'il s'avère que l'un d'entre eux a réellement une envie pressante vous serez la cause d'une cuisante humiliation dont il se souviendra toute sa vie - merci Monsieur, merci Madame!!!

N'empêche qu'avec tout ça l'heure tourne et en regardant bien le plan horaire prévu par le maître d'école, dans cinq misérables minutes : leçon de mathématique. Pendant que les élèves rangent leurs affaires, un dernier petit coup d'œil à la consigne. Brouaha dans la classe, moment de transition oblige. Bon, ne reste plus qu'une solution : bluffer!

- Nous allons passer aux mathématiques, ouvrez votre livre à la page 57 ( garde ton calme, fais comme si tu avais tout compris à la donnée et ils ne remarqueront rien). Quelqu'un veut lire la donnée?

Nombreuses mains qui se lèvent - ah quel enthousiasme, ça fait plaisir. Un élève s'exécute (mais non, personne ne s'est suicidé; rendormez-vous au fond!)

- Très bien (en réalité ça ne va pas du tout. Trouver une solution et vite!). Alors, après lecture de la donnée, que pensez-vous qu'il faille faire? (Ahaha, vous ne vous y attendiez pas à celle-là. En plus c'est tout à fait dans l'optique de la nouvelle pédagogie - et là je ris.)

Après quelques propositions de quelques enfants, j'ai eu le temps, un peu aidé il est vrai, de comprendre le but profond de l'exercice. Après distribution du matériel, par groupe de deux ou trois, ils s'attellent à la tâche. Et là, sincèrement ça devient intéressant : je circule dans la classe, j'observe que tout se passe bien, je guide ceux qui ont un peu plus de difficulté sans leur donner tout de suite la solution. Tout de suite le temps passe plus vite.

Tiens, déjà la récrée et je dois surveiller le préau. Discussion avec l'autre professeur présente. Une Gretel vient toute pleurante nous dire que quelqu'un a essayé de l'étrangler. Super. Pas le temps de comprendre ce qu'elle raconte entre deux hoquets; voilà qu'un mouvements de gnomes se profile à l'horizon. "Baston, baston, baston", ils forment un cercle autour des deux lutteurs, des sixièmes, les plus grands bien évidemment. Juste le temps d'intervenir au moment où ils en viennent aux mains. Retour à l'ordre, un peu plus attentif néanmoins, les lutteurs se regardant du coin de l'œil. La cloche sonne. Fin de la récrée. Ben voilà, les enfants d'hier et d'aujourd'hui sont bien toujours les mêmes. J'ai une furieuse envie de rire quand j'entends les gens dire que "ah, les enfants c'est tellement mignons, de vrais petits anges", etc. Une petite visite à l'école durant la récréation leur remettrait les pendules à l'heure. Mais pour le coup, le justicier masqué avait encore œuvré dans le sens de la justice.

Retour dans la classe, le justicier apprend de ses précédentes erreurs; ah quel chacal!

- Si vous avez besoin d'aller aux toilettes, allez-y maintenant, après je n'autoriserai plus personne à sortir de la classe. Apprenez à prendre vos précautions avant.

Non mais! autant juguler la pipi-ite aiguë avant qu'elle ne se propage à nouveau. Retour à l'exercice de math. En circulant entre les bancs, je commence à observer plus finement les élèves, leurs comportements, leurs caractères : ici, un timide dont on n'a pas encore entendu le son de la voix; à côté, l'incontinente verbale à qui l'on doit régulièrement rappeler que la classe n'est pas un salon de thé; l'enthousiaste, toujours prêt à vous raconter sa vie; le ou la rebelle, décidé à vous casser les pieds - tu peux toujours essayer petit(e), j'ai de nombreux neveux et nièces et mes frères et sœurs ont chacun leur putain de caractère; j'ai de l'entraînement et une patience à toute épreuve; les charmeuses, à peine dix ans et elles ont déjà compris qu'elles ont un potentiel de manipulation qui ne demande qu'à être rodé, mais là, assurément, elle trouve que le remplaçant il est tellement trop beau, tellement plus que Monsieur ***, leur vieux prof qui ressemble à un champignon ratatiné; et tant d'autres dans lesquels on se reconnaît un peu.

En jetant un bref coup d'œil à la pendule je m'aperçois que dans cinq minutes ce premier remplacement sera terminé. Ouf, j'ai survécu, personne n'est mort ou n'a eu d'accident.

- Vous pouvez commencer à ranger vos affaires le plus calmement possible (pour le silence faut oublier). N'oubliez pas de me rendre vos travaux. Ramassez les papiers qui traînent par terre et mettez votre chaise sur votre pupitre.

La petite troupe s'exécute (non! rendormez vous au fond. Vraiment! Ce sera mieux pour tout le monde) avec force et fracas. Ça s'agite, ça grouille, ça se tortille. Je contrôle que mes directives soient bien appliquées. L'horloge sonne la fin de la journée. Les élèves s'en vont dans un tourbillon de cris et de rires. Pas un ne me dit au revoir, me laissant dans la perplexité la plus totale. Enseigner dans le primaire? Huh, jamais de la vie.

Le justicier masqué après avoir rendu le pouvoir à qui de droit - après tout je n'étais qu'un usurpateur! - retrouva son fidèle destrier qui l'attendait impatiemment. La nuit commençait à tomber sur le monde et sur ses idées, il s'enfonça dans l'obscurité naissante. Quand il fut complètement avalé par elle, un rire retentit...

Edouard

jeudi, janvier 31, 2008

Mauvaise langue 2

Quand on n'a pas d'

on le porte!

Christophe Dorsay


mercredi, janvier 23, 2008

L'Absence

Plaines stériles – ô mon coeur
J'ai sondé le vertige de l'absence
Recoins repliés de papiers de silences
Là tout n'est qu'incandescente blancheur
Virginale blessure
Lys flétri avant floraison
La neige qui craque sous les pas du Perdu
Cette grise neige à grise mine
N'est que cendres d'amours perdus

Mots
Papier
Encre séchée
Billet
Lettre enflammée – un poème peut-être?

Tout! tout a brûlé
Consumé par l'irrésistible progression des années


Ô coeur
Jeté au devant
Te sentirai-je à nouveau dans le vide de ma poitrine
Battre ton rythme
Irrégulier

Ce rythme primitif et insolent joué si fort sur ma
Blanche peau
Tendue
De
Tambours?


A l'irrésistible l'insupportable
Attente
N'a répondu que le


SILENCE


Ce grand cri muet de toutes les détresses
Etend son manteau de transparence
Sur un hiver immaculé qui semble
Eternel


Refleurira-t-il l'arbre aux secrets qui
Repose à côté du ruisseau bavard?
L'entendra-t-on à nouveau l'hirondelle
Annoncer le printemps en un vol fulgurant?
Et l'herbe tendre étendra-t-elle encore ses draps verts
- Riante couche des amoureux bucoliques?


Tout! tout a gelé
Le ruisseau bavard s'est tu
L'hirondelle a expiré dans la neige sale
L'herbe aiguise de vertes lames aux vents glacés
- Le sang des amants se répand sans cesse sur ses draps désormais
Assassins


Et le cri des amants s'est noyé dans le


SILENCE


Adoré Dousuraz

dimanche, janvier 20, 2008

Parfois je dessine et danse


Edouard

vendredi, janvier 18, 2008

Mauvaise langue!



Heureux les béotiens, ils ont toujours su et n'apprendront jamais!

Christophe Dorsay

jeudi, janvier 17, 2008

Mieux vaut tard que jamais...

Hum... hum... y'a encore quelqu'un par ici? Hum... hum... ça sent un peu le sapin en tout cas. Hum.. hum... Bon, voilà, un peu de ménage..............................................................................................................

Ahhhh, on se sent tout de suite mieux, non? Débarassé de l'odeur de moisi, c'est plus agréable quand même. Hop, adieux toiles d'araignées et poussière disgracieuse. Bon les chauves-souris on s'en va. Allez, ouste. Ah tiens, ça fait un sacré bail que je ne suis pas revenu ici, y'a même un squelette dans le coin. En espérant que ce ne soit ce bon vieux Monsieur Mimosa...

Bon, trève de blabla, parfois les mots sont inutiles, alors place à l'image!


Les cocos

samedi, novembre 17, 2007

Beuaaaark

J'me promenais l'aut' jour dans la rue, tout tranquile pénard, sans faire chier mon monde pour une fois. Et pis v'là tout à coup que l'impensable se produit : j'le voyais main dans la main avec une nana, une vraie de vraie - juré, craché! Non, mais j'vous jure, tout fout le camp ma bonne dame! V'là que le maître de ce blog batifole à qui mieux qui mieux!!! Et on n'avait même pas pris la peine d'avertir tonton Christophe. Ah ben elle est belle la jeunesse.
Z'imaginez pas la gueule de six pieds de long que j'ai poussée! Failli me décrocher la mâchoir tellement ça semblait improbable. Ben maintenant j'comprends mieux pourquoi, j'arrivais plus à l'joindre. Môssieur était occupé, môssieur avait d'autres chat(te)s à fouetter et v'là que môssieur néglige le blog. Ah ça pour sûr on rigole, on s'amuse, on se léchouille, on se papouille, mais pour c'qui est de poster la fin d'un récit... pfffuit, y'a plus personne tout à coup. Ha, ben bravo! Déjà que ça sentait le rat mort ici... Ben c'est pas demain la veille qu'on va appâter du lecteur.

Oh et puis si vous les aviez vus! Beuark. Pouvaient pas s'empêcher de se toucher, tripoter, tripatouiller. Et un coup de lèvre par ci, un coup de langue par là. Non, mais oh! y'a des hôtels pour ça. Allez-y copulez sur la voie publique pendant qu'vous-z-y êtes. Ah non, j'suis pas bégueule pour deux sous, mais franchement là... y dépassaient les bornes. Sérieux! Que fait le service de protection d'la pudeur? Hein, et pis tant de bons sentiments, de guimauve par dessus le marché; n'en jetez plus ma coupe est pleine.

Moi, j'aime pas les gens qui s'aiment!!!!

Christophe Dorsay

jeudi, novembre 01, 2007

Première fois 2

Il était une deuxième fois, en ce fameux jeudi après-midi, un justicier masqué sur son magnifique cheval prêt à en découdre avec tous ces mômes; autrement dit, pour le groupe du fond qui ne suit rien de rien -vous passerez me voir à la fin du cours - c'est de moi que je parle et je ne fais pas de cheval! non mais et pis quoi encore. J'étais venu avec un peu d'avance, savoir à quelle sauce je serai mangé. L'horloge de ma montre indiquait 13h15, parfait, il me restait un peu de temps pour prendre mes marques en ces lieux.

La directrice m'accueille et me dirige vers la classe dans laquelle, en cruel despote, je trônerai fièrement, maître incontesté de ces lieux. Ha, la bonne rigolade! Une fois dans la salle de classe, je remarque qu'un papier se trouve sur le bureau du professeur - je ne suis qu'un usurpateur après tout. Ah! quel homme, quel frère, il m'indique la marche à suivre : première heure de cours : dessin, histoire de prendre connaissance avec les enfants, deuxième et troisième heures : mathématiques. J'ouvre le livre à la page proposée et lis la donnée. Il est question de faire découvrir aux élèves la notion de symétrie. Sauf que... sauf que je ne comprends pas du tout la donnée. Pédagogie de mes deux... J'ai beau lire et relire, rien n'y fait, tout cela me semble obscure. Il est question de feuilles de papier, de ciseaux, de découper des morceaux dans la feuille et de voir si en la retournant, la forme rentre dans l'espace découpé (on rigole moins là, hein?!!!). Gloups! Bon l'heure tourne, je dois aller chercher les élèves lorsque la sonnerie aura retenti. J'aurai bien le temps de relire et comprendre cette donnée durant l'heure de dessin - quelle naïveté!

- Bonjour, est-ce que vous êtes bien la classe de Monsieur ***?
- Non, nous on est la classe de Madame ***. Vos élèves sont dans le coin là-bas.

Bon ok, ce dialogue ne retranscrit pas bien l'ambiance qui règne dans la cour de récréation. Il faut imaginer un bordel inimaginable, des cris d'enfants - on en égorge c'est pas possible autrement! - des sifflements, des bruits de ballons dans lesquels on tape, sans oublier le brouahaha habituel de la rue!
Une fois que le justicier masqué a trouvé la classe dont il a la responsabilité, il sort une flûte de sa poche et se met à jouer un air. Les enfants sont comme hypnotisés et, en toute confiance, le suivent dans l'étrange bâtisse au toit en pain d'épice (en pain de pisse, wouahahaha!!! Pfffrrrrt!!!) jusqu'à une salle dans laquelle des tables et des chaises sont disposées à côté d'un tableau noir.

- Bonjour, comme vous l'avez sûrement constaté, votre professeur n'est pas là cette après-midi, je le remplacerai donc. Je m'appelle Edouard et pour moi il serait utile que vous vous présentiez et mettiez vos noms en évidence sur votre banc, histoire de savoir qui est qui.

C'est à peu de chose prêt en ces termes que commença mon tout premier remplacement. Les enfants me jaugeaient : pourraient-ils jouer les petits diables et me tourner en bourrique ou, au contraire, devraient-ils se tenir à carreau. Mais surtout, qu'allais-je faire avec cette donnée de mathématique que je ne comprenais pas?

A suivre

Edouard

lundi, octobre 22, 2007

Juste comme ça

Je voulais vous écrire un vrai message, mais en ce moment c'est trop le bonheur dans ma vie. Et il suffit de peu, d'un rien, même un sms et voilà que votre coeur chavire. Me voici euphorique et tétanisé -ah délicieuse sensation - des papillons dans le ventre qui s'envolent allègrement. Un souvenir effleure la peau ou les lèvres. Fugace. Tenace. Et soudain...

Je voulais vraiment vous écrire, j'avais tout prévu, tout était là : dans ma tête. Mais non, là vraiment, pas moyen : je vais juste savourer cet instant de bonheur. Epicurien, moi? Hmmm sans doute.

Edouard

mercredi, octobre 17, 2007

Le Petit Prince

Dessine-moi un mouton:

L'aviateur est devenu un vrai connard; le p'tit prince a du souci a se faire...

Christophe Dorsay

lundi, octobre 08, 2007

Interlude (oui, j'adore vous faire languir...)

Une blessure, oui à cette instant il n'était plus que cette horrible blessure au genou, cette grimaçante blessure, cette douloureuse blessure; souvenir tout aussi douloureux que cette cicatrice en forme de sourire qui semblait se moquer de lui.
« Je ne suis qu'un monstre! », dit-il en avalant une gorgée de whisky et des larmes coulèrent le long de ses joues sales, laissant derrière elles des traits pâles, « oui, un monstre! »
La douleur qu'il ressentait à la fois dans son genou, à la fois en le regardant, n'était que superficielle; si l'on entrait plus profondément dans la chair, si l'on allait au-delà du regard, dans les recoins les plus cachés de son esprit, de son âme même, on apercevait une entaille sanguinolente que rien ne semblait pouvoir cicatriser. Voilà plus d'une dizaine d'année qu'elle saignait sans discontinuer et lui-même entretenait ce foyer de douleur à chaque fois qu'il contemplait sa blessure; du corps à l'âme il n'y a qu'un pas.

« Chtttt... gros bêta! Ne vois-tu pas que je suis là pour toi? », dit-elle en posant ses lèvres sur le sourire strié de son genou. La sensation – depuis combien de temps déjà que... - inédite mais exquise – depuis combien de temps déjà que personne... - de cette bouche posée à l'endroit même où s'étaient concentrés – depuis combien de temps déjà que personne ne m'avait – ses regrets, ses remords, ses inquiétudes, ses peurs, ses peines, ses larmes retenues, le fit frissonner – depuis combien de temps déjà que personne ne m'avait embrassé? Un instant il eut envie de retirer son genou, il avait honte de présenter ce morceau de laideur à des lèvres si belles, si douces, mais la jeune femme l'en empêcha en l'embrassant de plus belle. De grosses larmes coulaient maintenant de ses joues et allaient s'écraser sur la chevelure bouclée de la femme agenouillée devant lui. C'était comme si elle se prosternait devant l'aveu de faiblesse de cet homme, l'acceptait et, mieux encore, le chérissait.

Edouard

Photo tirée de l'excellente série Carnivàle